mardi 8 juillet 2008

Lectures d'été


Tout nouveau, tout beau le nouveau guide de lecture d'été des libraires du groupement initiales. Des conseils en tout genre pour tous les genres à lire sur le site des librairies initiales

mercredi 25 juin 2008

Les forcenés



L'été en France commence par le tour de France.
Et à Oraison c'est tous les étés, à croire que le reste du pays n'est plus carrossable.
Bien sûr, comme le dit Philippe Bordas, le cyclisme n'est plus qu'un spectacle, une farce grotesque et ridicule.
Toutefois, en attendant que vos enfants se jettent sous les roues de la caravane publicitaire pour un mauvais stylo, un échantillon de cosmétique ou une casquette (à glisser sous le casque ou à ranger dans la poche du maillot sous une chasuble jaune fluo), je vous propose, les pieds en éventail, le cul dans la chaise pliante et le combi MP3 à fond, de lire ce grand hommage au cyclisme du temps des tenues et cuissards de laine, du temps où les coureurs souffraient et transpiraient sur leurs vélos, crevaient du poids de leurs machines dans les montées et descendaient à tombeau ouvert, sans filet, sur des routes mal goudronnées.
L'auteur est un sensible, un impressionniste qui nous raconte son Anquetil, son Coppi ou son Hinault.
Sans concession à la nostalgie et sans éluder quoi que ce soit, y compris, bien sûr, le dopage.
Dès le début du livre, il place son essai dans l'ombre de Pierre Chany, le grand journaliste cycliste et par le titre même, les forcenés, à la suite des forçats de la route ainsi qu'Albert Londres, le journaliste, avait qualifié les coureurs quand il avait suivi la grande boucle pour le compte du Petit Parisien en 1924. Et que dire de plus qu'il est digne de cette ascendance là.

Forcenés, de Philippe Bordas, Fayard , 19 €.
Les forçats de la route, de Albert Londres, Arléa, 5,5 €.

Sur la mort d'Albert Londres


Et puisque on en parle et que les éditions Arléa nous le remettent au goût du jour, je vous conseillerais aussi de lire le scénario de Régis Debray sur les circonstances suspectes de la mort d'Albert Londres. En 1932, Albert Londres est à Shangaï, ville divisée en concessions occidentales qui trafiquent avec les triades et qui est sous la menace de l'avancée japonaise. Il fait un reportage dont il affirme à son journal, avant de rentrer, qu'il est explosif : « Je ramène de la dynamite ». Le paquebot qui le conduit en France coule au large de la côte des Somalis. Il fait partie des victimes. Il avait pris soin de confier un double du reportage à des amis. Ceux-ci, rescapés du naufrage, meurent dans un accident d'avion dans les Dolomites. Personne ne lira plus jamais le dernier texte du Grand Reporter. Pourquoi ? Vous le saurez en lisant ce petit livre trépidant comme un Tintin au pays du Lotus Bleu.

Sur la mort d'Albert Londres, de Régis Debray, Arléa, 7€.

Spirou, journal d'un ingénu


Et puisque on parle de Tintin et que les éditions Dupuis ont la magnifique idée de mener une collection de « one-shot », sorte de carte blanche donnée à des auteurs pour créer une aventure inédite de Spirou et Fantasio, je vous conseillerais aussi de lire ce journal de formation d'un des personnages les plus célèbres de la BD franco-belge.

Car Emile Bravo réussit magnifiquement à dépasser le cadre conventionnel de la bande-dessinée pour enfant. Premièrement l'histoire se passe à l'été 1939 dans un grand- hôtel Bruxellois où semble se jouer le destin de l'Europe. Tandis que Hergé, à cette époque, déconscientise son reporter du Petit Vingtième (à l'exception de quelques situations et gags malheureux dans la première édition de l'Etoile mystérieuse parue dans le journal rexiste Le Soir) Spirou prend conscience du drame qui se noue dans les bras d'une jolie espionne russe (on le comprend). Mais la morale sera sauve et Fantasio saura le ramener dans le droit chemin, ainsi finit le reportage dans la jungle politique et enfin les vraies aventures de nos deux héros pourront commencer. Quand la ligne claire dérive il est fortement question d'Hergé dans cette BD conçue comme un miroir déformant à un Tintin de guère et alors que tout le monde fait l'autruche et rentre dans sa case, Spip, l'écureuil, divague sur les flots de sa conscience.

Un journal imprévu.


Spirou, le journal d'un ingénu, de Emile Bravo, Dupuis, 13€.

lundi 23 juin 2008

Histoire politique du monde hellénistique

Un monument de l’histoire évènementielle, batailles, rois, roitelets et princes de sang, demi-sang et sang troublé. Guerre et passion chez les séleucides, lagides et Antigonides entre diadoques et épigones : la chute de Perdiccas, la guerre Lamiaque, les aventures de Démétrios Poliorcète, une victoire à la Pyrrhus, les guerres de Syrie, les souvenirs parcheminés du royaume de Pergame, Antigonos III Dôsôn, l’Anabase d’Antiochos III, la paix d’Apamée, Mithridate, Antoine et Cléopâtre. Bref, la suite tant attendue de l’Iliade et de l’Odyssée, de l’Enquête d’Hérodote, et de la Guerre du Péloponnèse de Thucydide.
Histoire politique du monde hellénistique, Edouard Will, Points, 2003, 650 p., 12,50 €.

La bande-dessinée par ailleurs

La bande dessinée par ailleurs. Angoulême 2003 rendait hommage à nos chers disparus Schuiten, Sokal, Sampayo et… Reiser. Institutions. Tandis que les enfants de Bourgeon, Giraud ou Julliard, BD de cinéma, BD grand spectacle, longues séries, squattent les bacs, disputent le gras du libraire aux mangas, je régresse, à la recherche d’un goût, je me souviens : de mes premiers Tintin, et d’un petit cousin italien qui criait « Tinetine » en découvrant, enchanté, ma collection (incomplète). Il y avait, aussi, le vrai coutelas d’ivoire de mammouth de Rahan en plastique souple, gadget de la revue Pif le chien (je préférais Hercule), le journal de Tintin, le journal de Spirou, et même (je l’avoue) le journal de Mickey, dont mes petites voisines, les filles du berger, avaient une série inépuisable. C’étaient des plaisirs enfantins. La pauvre écrin de la bibliothèque du village avait quelques perles en dépôt, comme « Le singe » de Milo Mannara, qui m’ouvrirent d’autres horizons. Je plongeais, alors, avec délices dans les romans BD : Pratt, Tardi, Bilal, Forest, Boucq, les anti-héros de Jean-Claude Denis et de Benoit Sokal, les troublantes de Comès ou de Jean-Claude Servais. De Futuropolis, Casterman, des Humanos ou d’ailleurs.

Puis, désenchanté, puis.

Les pôles de la BD actuelle se trouvent aux marges. Les collections Aire Libre, chez Dupuis, Poisson Pilote, chez Dargaud, n’en sont que la face émergée. Le reste, à la suite de David B., Baudoin, Trondheim et l’aventure de l’Association, c’est une BD adulte qui s’assume, héritière des auteurs des années 70 (d’Amérique plus que de l’école franco-belge, plus RAW, Spiegelman, Crumb, Clowes, plus Jimmy Corrigan que Marcinelle ou Tournai), ni spectaculaire ni régressive, littéraire et créative, aux graphismes étonnants, noir et blanc, qui s’émancipe chez les éditeurs alternatifs Cornélius, Rackham, Les Requins Marteaux ou Ego comme X. C’est une famille, des ateliers, des échanges entre dessinateurs-scénaristes-éditeurs. Le champ couvert va du journal intime (Fabrice Neaud) à la parodie des comics (Cycloman de Berbérian), en passant par quelques titres cultes venus d’ailleurs : Les aventures de Lapinot, Persépolis, Isaac le Pirate, La guerre d'Alan.

D’ailleurs, un autre goût.

lundi 26 mai 2008

Pierre Magnan à l'Arbousier





Le mardi 27 mai de 10h00 à midi, Pierre Magnan rencontre ses lecteurs et dédicace ses livres à la librairie l'arbousier à Oraison.
Les libraires d'Oraison reçoivent à nouveau et pour le plus grand plaisir de tous, le créateur des enquêtes du commissaire Laviolette. Après avoir écrit plusieurs récits autobiographiques, Pierre Magnan nous offre, à la suite du succès de « Laure du bout du monde » paru chez Denoël en 2006, un nouveau roman qui, de la Grande Peste du XIVème siècle à « La folie Forcalquier », fait « La Chronique d'un château Hanté ». Un château hanté jusqu'au coeur de la pierre qui a servi à son édification. Près du château est un chêne qui à l'image de certain fayard est l'Apollon-citharède des chênes et renferme dans ses racines un trésor inestimable. Son chant souffle six siècles d'histoires à l'aède bas-alpin, un récit des origines.